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Par nadege | 2013-04-23 15:58:04 | 2072 vues | 0 Commentaire

Yann Destal est un artiste multi carte, à la fois auteur, compositeur et interprète.  Celui qui fut membre de Modjo qui fit un hit planétaire en 2000 avec Lady (Hear me Tonight), poursuit à présent une carrière solo. Il sera à Londres pour trois concerts, en attendant la sortie d’un nouvel album en juin 2013. Rencontre.

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Vous jouez trois dates sur Londres cette semaine. Quel plaisir prenez-vous à jouer Live ?

Je fais partie des musiciens pour qui jouer en live est une étape vitale, pour mille raisons. Déjà, je suis un peu "addict" de ça, c'est pourquoi depuis toujours j'ai gardé dans mon emploi du temps une place pour jouer un soir dans la semaine des reprises "incognito" dans un endroit qui m'accorde une résidence (je garde mes chansons pour des moments plus spécifiques).

J'y expérimente constamment des nouvelles techniques vocales, d'interprétations... De plus, le live fait partie du chemin d'une chanson, en ce qui concerne les miennes: d'abord la chanson vient à l'esprit et vous hante, puis elle est reconstituée en studio, aussi bien que possible (challenge difficile, aussi gratifiant lorsqu'il est réussi que déprimant quand il échoue), puis la chanson "meurt" en quelque sorte, car son incarnation est arrivée à terme.

Le live, c'est le moment de la résurrection, où elle reprend vie, à travers le corps, le regard du public, le conditionnement de la salle, l'énergie de l'instant, souvent sous une nouvelle forme, remaniée plusieurs fois... C'est non seulement un plaisir, mais aussi une logique.

Jouer à Londres a-t-il une signification particulière pour vous, en tant qu’artiste ? Ou juste en tant que français ?

J'ai grandi en baignant dans la musique que mettait mon père, fasciné par ce que j'entendais. Je n'avais aucun intérêt à le savoir à l'époque, mais la plupart des artistes dont il achetait les disques étaient anglais. L'Angleterre, notre frère-ennemi et rival dans l'Histoire, nous a toujours inspiré le respect, et il est pour moi indéniable qu'ils sont les meilleurs dans l'Histoire de la pop et du rock, devant les américains.

C'est eux que je dois essayer d'aller "impressionner" avec mes chansons et mes aptitudes d'interprète, et c'est un très beau challenge. Je ne doute pas que leur musique n'est plus au niveau de ce qu'elle produisait à l'époque des Beatles, des Who, et des Stones qui se répondaient par disques interposés, mais tout de même. Et puis, pour moi qui chante en anglais, forcément ça jouera sur ma manière d'incarner les paroles, qui "glissent" et passent en général un peu inaperçues lorsque je joue devant mes compatriotes français. 

Vous avez sorti Stay Be Me en 2011. Avec vous d’autres albums ou projets en préparation pour 2013/2014 ?

Stay by Me était un EP, phase préparatoire pour un évènement, que j'attends depuis longtemps: la sortie de mon nouvel album en Juin prochain (2013). Il en découlera beaucoup de projets différents, comme des concerts, le tournage d'un clip pour le morceau "Walk with me", premier single mis en avant, etc. J'espère que le destin offrira l'opportunité à cet album faire le chemin qu'il mérite, car j'en suis fier et satisfait pour mille raisons, et je pense qu'il fait partie de ces disques qui peuvent marquer le coup, et à long terme. 

Chanter en français ou en anglais. Pourquoi faire les deux ? Quelle langue est plus facile à utiliser pour vous, en tant qu’artiste ?

S'il m'est arrivé de chanter en français, ça reste très rare, et mon album est intégralement chanté en anglais. Ca n'est pas une prise de position idéologique, ou si ça l'était, ça serait plutôt pour la prendre à revers.

Mais la réalité c'est que je fais de la musique anglo-saxonne, et il est naturel de la chanter en anglais, de même que si je composais du flamenco, j'adopterais l'espagnol. L'anglais est favorable au chant, car plus mélodieux et doux dans la prononciation, et permet une légèreté dans le sens des textes que ne permet pas le français, langue au charisme supérieur à la chanson, et dont le sens prend le devant de la scène. Cette différence, j'essaie d'en faire une force: en tant que français, traditionnellement j'aime lorsque le texte est revendicatif et fort. Je n'ai pas la plume de Bob Dylan, mais je ne cède pas à la tentation d'écrire avec la légèreté que permet l'anglais, et ainsi j'ajoute un peu de personnalité française à l'écriture de mes chansons.

Ce que vous aimez à Londres ?                                     

J'aime le fait d'échanger et de faire des rencontres avec des anglais. C'est assez magique de pouvoir en quelques heures de train se retrouver "à l'étranger", avec des gens qui parlent un autre langage et qui ont une autre culture, même si ces deux éléments sont si présents en France qu'on n'en ressent pas un "choc" comme dans d'autres pays, le Japon, la Russie... 

Ce que vous détestez à Londres ?

Je ne déteste rien à Londres. Je suis parfois agacé par le système de regarder à gauche avant de traverser... J'ai parfois l'impression que les anglais sentent qu'ils ont les moyens de nous prendre un peu "de haut", nous les français. Ils ne sont pas comme nous fondus dans l'Union Européenne au sein de laquelle on ne fait que descendre et déprimer chaque année un peu plus; ils sont conscients de la supériorité historique que je décrivais plus haut dans le domaine de la musique rock et pop; mais ça ne fait que stimuler l'instinct "gaulois" en moi, car plus le challenge est fort, plus je me sens poussé à hausser le niveau, et faire ce que David a fait face à Goliath! Ce que j'ai déjà fait par ailleurs (je l'oublierais presque), en étant numéro 1 des ventes dans leur propre pays, avec Modjo. 

Quelle la question que l’on vous pose tout le temps à propos de Modjo, et qui vous agace ?

Je ne suis pas agacé par les questions à ce sujet. On ne m'en parle pas si souvent. A l'époque où on était en promotion pour l'album de Modjo, la question plombante était "comment vous-êtes-vous rencontrés, Yann et Romain?".

Et c'était la lutte pour savoir qui allait prendre la corvée de répondre ("vas-y, toi! - non... toi, vas-y! - mais...pfff.. bon, alors voilà...), car ça n'avait rien d'intéressant: on s'était rencontré par un pote, au départ, puis on s'est recroisé, enfin, un truc totalement banal quoi, mais cette question était INEVITABLE. On a dû y répondre plus de mille fois.

Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencé ? De qui vous sentez-vous proche musicalement ?

J'ai beaucoup écouté des artistes qui ont marqué l'histoire. Bowie, les Beatles, Pink Floyd, Bob Dylan... Parfois c'est parce que je les entendais joués par d'autres, mais parfois aussi j'allais vers eux intentionnellement: par exemple, Mozart est un génie de l'histoire de la musique avec un grand M, reconnu par tous, et à travers les siècles.

Je me suis dit que je devais tenter de savoir de quoi il s'agit, et j'ai écouté jusqu'à connaître des symphonies, des concertos par cœur, et être capable de reconnaître son style, pour éventuellement en inclure la présence dans les choses que j'allais composer. Il est important pour un artiste, s’il veut faire de la musique de qualité, de ne pas se cantonner à ce que lui propose les modes de son temps, car elles sont souvent contaminées par la démagogie. Il lui sera bénéfique de s'intéresser à des artistes dont le talent a fait ses preuves, et pour cela il ne faut pas avoir peur de s'intéresser au passé.

Pour ce qui est de la musique contemporaine, j'ai un grand respect pour Radiohead, pour l'ensemble de leur œuvre, et pour leur ambition artistique, qui semble dépasser celle de la popularité, même si cette dernière ne faiblit pas. Elle ne faiblira certainement pas, d'ailleurs, en partie pour cette raison.

Vous allez jouer en ouverture du fameux Kararocké de Nicolas Ullmann. Envisagez-vous de faire un duo avec un de ses alter egos, jeudi soir ?

 Je connais bien Nico, c'est même une drôle de coïncidence de le retrouver là! il fait souvent ses "Kararocké" dans un endroit que je fréquente à Paris, et je viens à l'occasion chanter une chanson avec son groupe, c'est très sympa. Je le ferai volontiers ce soir-là si je le peux!

Propos recueillis par Nadège Alezine

Infos : Yann Destal sera en concert à Londres pour trois dates. Jeudi 25 avril 20h30 au Floripa en première partie du Kararocke de Nicolas Ullmann. Vendredi 26 avril à partir de 19h30 au Bar Solo et dimanche 28 avril 21h au All Star Lanes Holborn, Gratuit. Yann Destal en écoute ici

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