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Par nadege | 2015-11-04 12:30:20 | 1252 vues | 0 Commentaire

Jeudi 29 octobre, une réunion publique a été organisée par les deux conseillers consulaires au Royaume-Uni, Morgane Marot et Renaud Digoin Danzin pour recevoir la sénatrice PS Hélène Conway-Mouret, dans les salons cossus de l’Union Club de Soho.

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Hélène Conway-Mouret, Sénatrice des Français établis hors de France et Ancienne Ministre déléguée chargée des Français de l'étranger sous le second gouvernement Ayrault, a répondu aux questions du public présent ce soir-là.

Devant une vingtaine de Français expatriés, l’ancienne ministre s’est exprimée sur la rédaction de son rapport sur le retour en France des français de l’étranger qu’elle a remis au premier ministre, Manuel Valls, en juillet dernier.

Dans ce rapport, l’ancienne ministre préconise 49 propositions pour faciliter le retour en France de nos compatriotes qui ont souvent quitté l’hexagone depuis des années et qui se retrouvent parfois en lutte avec l’administration française. La mise en place d’un livret numérique sur le retour en France et l’accès facilité aux administrations françaises (Sécu, Impôts, Pôle emploi…) depuis l’étranger par Internet, est au centre de ses propositions. 

Ayant elle-même vécu à Dublin pendant une vingtaine d’années, où elle était enseignante et directrice du département des langues de l'Institut de technologie de Dublin, Hélène Conway-Mouret connait bien le sujet de l’expatriation des Français. 

Après avoir répondu aux quelques questions du public, elle nous a accordé un entretien sur le sujet de l’expatriation.

Pourquoi est- ce important pour vous d’être là, ce soir, à Londres ?

C’est important d’être là car Londres, c’est une des plus grosses communautés françaises qui est établit hors de France, en dehors de la Belgique et de la Suisse. Et puis, cette proximité fait que ces Français de Londres ont des problématiques qui sont un peu plus différentes des autres. Je suis rentrée de Montréal et Québec il y a quelques jours et j’ai besoin de croiser les différentes problématiques, les différentes histoires pour pouvoir avoir une vision globale des Français établis hors de France, en Europe et hors Europe, pour que tout le monde soit pris en compte, sans favoriser un groupe plutôt qu’un autre. 

Ne trouvez-vous pas dommage que votre ancien ministère n’existe plus ?

Mathias Fekl a repris le ministère avec le portefeuille de secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger. Quand on parle de tourisme on parle de quoi ? On parle de l’image de la France. C’est la France qu’il faut vendre à l’extérieur et les Français de l’étranger font parti de ceux qui donnent envie…Ils sont le lien entre la France et l’étranger. Matthias Felk continue à construire sur ce que j’ai mis en place : modernisation du réseau consulaire, l’enseignement du français…il suit tous ces dossiers et puis il suit les grosses reformes qui ont été engagées. Il bâtit, il va plus loin sur le réseau consulaire avec ce qu’il sera annoncé en 2016 sera très novateur et c’est un travail, de longue haleine où tout passera par le numérique.

Quelles sont ces reformes ?

L’inscription en ligne au niveau du consulat sera désormais possible. Un grand changement par rapport à aujourd’hui où il faut prendre rendez-vous au consulat pour s’inscrire sur les listes consulaires. Il y a énormément d’avancées qui vont être annoncées. Laurent Fabius a fait quelques annonces à ce sujet. Donc des que le livre numérique sera prêt, il y aura beaucoup de nouvelles choses de faites pour les Français de l’étranger. Donc ce ministère n’a pas disparu, il continue les reformes.

Imaginons que la Grande Bretagne sorte de l’union Européenne, après le referendum prévu par David Cameron en 2017 ? Que va-t-il se passer pour les Français établis dans ce pays ? Est-ce quelque chose sur lequel le gouvernement a déjà réfléchi ?

On réfléchit déjà aux négociations qui vont avoir lieu avec David Cameron, qui a déjà fait un certain nombre de propositions….Moi, je crois que ce sera un désastre à la fois pour le Royaume Uni et pour l’Europe, et je crois que Cameron lui-même n’a pas envie que ca se passe. Bon, il a fait cette promesse de referendum maintenant il faut qu’il la tienne, c’est un petit peu malheureux mais je crois que personne n’envisage la sortie du Royaume Uni de l’Europe car c’est que cela remettrait en cause plein de choses mais aussi le sort des Ecossais et des Irlandais du nord qui demanderaient une scission avec le Royaume Uni..Je pense que les répercussions économiques et politiques seraient catastrophiques. La France travaille pour que les Anglais soient satisfaits, sans céder sur certaines choses, il faut travailler avec nos amis Anglais pour cela ne se passe pas.

Comment expliquez-vous la mauvaise image des Français établis hors de France auprès de ceux de l’hexagone ?

L’image de l’expatrié est une image obsolète de l’expatriation. Ce qui est encore dans l’esprit collectif  est peut être lié à la colonisation, quand on envoyait des administrateurs coloniaux à l’étranger, quand on avait ces expats dans les grandes entreprises qui partaient et vivaient une vie privilégiée avec des chauffeurs etc…C’est de qui est resté dans l’esprit des Français.

Et pourtant ceux qui partent ont entre 18 et 30 ans, ce sont loin d’être des nantis ?

Oui, effectivement et c’est pour cela qu’il y a un décalage entre la réalité, de ce qui est aujourd’hui la mobilité, d’un côté et  l’image collective qui est traduite dans les medias français. Les Français de l’étranger ne sont pas une communauté de nantis vivant de son capital, ce ne sont pas des Gérard Depardieu multipliés par 1 600 000, et pourtant les Français pensent que tous les expatriés sont comme lui, en rupture avec la France, partis profiter de leur argent ailleurs. Un jour j’ai dit a un journaliste sur ce sujet, comprenez que la fraude fiscale se fait depuis la France, on n’a pas besoin d’aller en Suisse, en Belgique ou au Royaume Uni, pour frauder le fisc. Les 3 milliards qui sont rentrés en France pour fraude fiscale se sont des Français de France qui étaient concernés. Bien sûr, qu’il en a quelques milliers qui sont partis pour des raisons fiscales, mais ce n’est pas la majorité. Pourquoi parler de ces 1000 alors qu’il en a 1600 000 qui travaillent, qui payent leurs impôts. Donc il faut arrêter de se concentrer sur l’exception.

Infos : Pour en savoir plus, visitez son site ici et suivez Hélène Conway-Mouret sur Twitter @HMouretConway. 

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