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Par nadege | 2016-02-09 15:50:08 | 2059 vues | 0 Commentaire

Sortie dans les bacs de Lay Low, le dernier album de Lou Doillon. On l’a rencontrée à Londres pour un entretien, avant un prochain  concert dans la capitale prévu en avril 2016.

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Lay Low est le nom de son nouveaux disque produit par Taylor Kirk de Timber Timbre, la fille de Jane Birkin et Jacques Doillon y promène son spleen et sa voix rauque aux confins d’un blues low-fi et lancinant. Lay Low (Profil bas) , dont Lou a écrit les paroles et la musique, est bien plus qu’un album de fille de. Elle y assoit son style, sa voix rauque si éloignée de celles de ses ainées et une écriture assurée.

Mannequin, actrice et musicienne, Lou Doillon a fait ses premiers pas au cinéma face à la camera de son père, le cinéaste Jacques Doillon dans Trop (peu) d’amour en 1998, elle enchaine alors les rôles et les contrats de mannequinat, en devenant l’égérie beauté de Givenchy ou de Maje, pour ne citer qu’eux. Puis le silence et 10 années où elle vit recluse, loin de projecteurs. C’est en 2011, qu’elle sort de son silence avec un premier album, Places, produit par son parrain musical, Etienne Daho. 

10h30, un mercredi matin de février, Lou Doillon nous reçoit dans un des salons de l’institut français à Kensington, un quartier qu’elle connait bien et qu’elle affectionne tout particulièrement.

« Londres et tous les endroits de quand j’étais petite…chaque coins de Kensington high street, de Old Church Street avec la maison de mes grands parents…Kings road, c’est vrai que je me souviens quasi avoir appris à marcher dans ces rues, avec leurs odeurs… »

Même si elle est née à Paris, Lou possède un lien particulier avec Londres, ville natale de sa célèbre maman et de sa famille maternelle.

« On venait beaucoup, beaucoup, beaucoup à Londres avec ma mère. Maintenant, je pense que c’est ville où il faut que j’invente quelque chose de vivant. C’est vrai que cela fait quelques années que c’est compliqué car c’est la ville la plus nostalgique pour nous. C’est une ville de fantômes... Quand je marche dans la rue, c’est le fantôme de ma grand-mère…de mon grand père…de mon cousin Ano avec qui j’ai été élevé… de ma grande sœur maintenant… Donc c’est vrai que Londres c’est une ville de notre passé, de notre enfance…c’est comme un rêve…c’est très proche de Peter Pan, c’est un peu Neverland ici. »

Enregistré en quatre jours à Montréal dans le studio de Taylor Kirk, Lay Low est un disque que Lou a porté toute seule. Une nouvelle étape dans son émancipation artistique.

« D’abord j’ai pris du temps à le (Taylor Kirk) trouver car je savais qu’on ne voulait pas retravailler ensemble avec Etienne (Daho), même si c’est mon éditeur et qu’on continue le travail ensemble, mais il avait envie que je m’émancipe et pour ma part, le vrai cadeau c’était de me mettre sur le vélo et que je puisse pédaler toute seule. Je me suis sentie un peu orpheline au début, en me demandant ce que j’allais trouver, alors j’ai essayé avec plusieurs personnes, pendant 6/ 7 mois. Je suis allée en Angleterre pour essayer avec les Savages mais c’était un peu trop rock, après j’ai essayé avec Bernard Butler de Suede mais c’était trop FM, trop joli, puis avec le guitariste des National…c’était très dur car ce sont des gens que j’aime et que j’admire, mais ca ne marchait pas. Je passais mon temps à dire non…et puis, j’écoutais en boucle pendant un an Timber Timbre et mes amis m’ont dit : contacte-le pour lui proposer de travailler avec toi. »

Après des semaines de négociations intenses avec Taylor Kirk, qui vit reclus et loin du tumulte médiatique, Lou obtient une réponse positive. Il accepte de travailler sur l’album, mais seulement chez lui, à Montréal, entre Noël et le nouvel an.

« A force de lettres envoyées, il a fini par me répondre et on a discuté sur Skype. En fait, on s’est marré, c’est un ours mais j’ai été élevée avec des hommes farouches. Ca ne me faisait pas peur.»

De cette collaboration atypique, Lou se souvient des séances d’enregistrements en une seule prise, de leurs discussions sur le cinéma, Kirk a étudié le cinéma et même écrit une thèse sur un des films de Jacques Doillon. Une coïncidence ?

« Il n’avait jamais entendu parler de moi, mais après trois semaines, je pense qu’il a fait le lien entre mon père et moi. » 

Après une mini-tournée promotionnelle en France, Australie, Japon, Corée…Lou Doillon sera en concert à Londres, au Bush Hall, le 27 avril 2016. Un exercice qu’elle apprécie.

« C’est fou comme à chaque fois je dois recommencer tout à zéro, chaque fois que je remonte sur scène. Tout est remis en question tous les jours…la vie est excitante, si on se dit que l’on doit tout recommencer tous les jours…le live c’est ça, on recommence tous les jours. Par moment c’est très frustrant car on ne peut pas avancer sur des acquis, en comparaison à plein d’autres métiers où une fois que c’est fait, on n’a pas à refaire. C’est vrai que la scène, c’est comme un entretien d’embauche à vie. »

Parmi les dates de concerts prévues pour cette tournée, des festivals sont aussi au programme. Lou se souvient d’un moment particulièrement fort aux Francofolies de La Rochelle :

« Je me rappelle de chanter ICU aux Francofolies de la Rochelle,  quand d’un coup 20 000 personnes se sont mises à chanter le refrain avec moi…J’ai écris cette chanson entre 6 et 7 heure du mat’, toute seule parce que j’avais pas le choix et que c’était le moment le plus compliqué  de ma vie et  maintenant, quand je la chante je dois me concentrer pour être vaguement dans la chanson et ne pas avoir un sourire beat et crétin pendant trois minutes. »

Ancienne mannequin, même si elle s’en défend, Lou Doillon c’est aussi une image médiatique. Un visage connu qui rappelle Jane et parfois même Charlotte. Sur ce disque, Lou avoue qu’elle a voulu avant tout mettre en avant le fond plutôt que la forme. Elle apparait sans artifice sur la pochette du disque, les cheveux cachant son visage.

« Pour l’album, je me suis demandé comment choisir la couverture du disque en sachant que je ne voulais pas d’image forte. Si je mettais une image onirique ou d’un pigeon, ce sentait un peu le foutage de gueule car j’ai quand même tout écrit et tout composé, chanté, mixé…  Si à la fin, c’est pour être dans une sorte de fausse humilité, cela ne vaut pas la peine. Je me suis dit : non, il faut que tu assumes d’être là. (…) J’ai alors choisi cette photo que j’avais faite un matin, au réveil sans maquillage…un premier regard…je suis au réveil dans mon lit. Ce sont mes amis photographes qui m’ont dit : prends celle-là. »

De ses origines franco-britanniques, Lou avoue avoir hérité du sens de l’humour So British de sa mère, qui aime se moquer, gentiment de ses défauts physiques. 

« Etre capable de se foutre de soi, ça je l’ai appris de ma mère, elle n’est que ça. Et des fois, avec mes amis en France, je suis obligée d’expliquer que c’est pas parce que j’ai un problème d’estime de moi-même, si je suis la première à rire de mes grandes oreilles, de mon manque de front et de mon nez de traviole, c’est pour alléger l’ambiance et que l’on rigole tous… et c’est pas pour qu’on dise mais non, il est bien ton nez…c’est un truc très maternel, elle a toujours rigolé de ça. Elle est drôle ma mère et d’ailleurs les filles ici, sont souvent drôles. »

Infos : Lou Doillon, Lay Low, sorti chez Barclay. Loudoillon.fr. Concert à Londres, le 27 avril au Bush Hall. Réservations ici. Tickets : £15.

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