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Par anais | 2016-03-24 16:22:15 | 2426 vues | 0 Commentaire

Ne sachant pas quoi faire après sa licence, ce jeune Rouennais s’est décidé à tenter l’aventure Londonienne. Une aventure semée d’anecdotes complétement improbables. Joachim nous raconte.

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C’est après son année de licence sciences de l’éducation qu’il est venu s’installer à Londres, un 24 août. Ne sentant pas la motivation pour enchainer sur un master, Joachim décide de prendre une année sabbatique.  

« Je sentais que j’avais besoin de changement. Mon année de licence, je l’ai passé sans trop de conviction, mes cours ne me passionnaient pas et je ne trouvais pas de Master qui m’inspirait pour la suite. Du coup, plutôt que de me planter, j’ai pensé me prendre une année sabbatique, pour travailler dans l’humanitaire ou simplement voyager. J’ai des amis qui se sont retrouvés dans la même situation quelques temps auparavant et qui sont partis vivre à l’étranger. Et c’est ce qui leur a permis de trouver leur chemin, parfois bien loin de ce qu’ils faisaient avant de partir. Alors je me suis dit que c’était le bon moment pour moi. »

N’ayant jamais voyagé seul, Londres s’est imposé comme le choix le plus facile et le plus sûr.

« Pour une première expérience, j’ai préféré la facilité en choisissant quelque chose de pas trop loin et où il est facile d’aller. En cas de problème, en deux heures d’Eurostar on est rentré. »

Lors de son arrivée, Joachim loge chez un ami le temps de se trouver une coloc. Mais après un mois, les recherches ne donnent toujours rien.

« Je n’avais pas envie de m’imposer trop longtemps chez mon ami, du coup j’ai pris une auberge. Sauf que c’était pendant la coupe du monde de rugby et qu’elles étaient toutes blindées. Je me suis retrouvé dans un truc hyper glauque vers Finsbury Park, où on était dix empilés dans une chambre minuscule. Le matin, au moment de prendre ma douche, la moitié d’entre elles étaient cassée, du coup le staff nous faisait passer deux par deux pour aller plus vite. Dans la précipitation et avec mon anglais bancal je me suis retrouvé à me doucher avec un total inconnu, c’était complétement irréaliste. J’ai tenu six jours puis je suis parti.»

Après avoir déménagé plusieurs fois, Joachim s’est finalement posé dans une colocation à Limehouse, dans l’est. Entre temps, il lui a fallu se trouver un travail. Là encore, toute une histoire.

« Pendant mes été, je travaillais en centre aéré. Du coup j’ai d’abord cherché à travailler avec des enfants, comme au pair. Mais j’ai l’impression qu’ici quand tu es un homme c’est plus difficile de travailler dans ce secteur. Du coup j’ai tenté la restauration. Ça a été une catastrophe ! Au bout de deux heures j’ai renversé un gaspacho sur une cliente, je suis parti de suite, j’avais trop honte. Il ne me restait que la vente, que j’avais déjà un peu testée en France. J’ai eu beaucoup d’entretien, ça ma vachement surpris. Mon anglais était pas top mais ici, on te laisse ta chance, c’est vraiment cool. »

Joachim travaille donc chez French Connection, sur Covent Garden.  Des débuts un peu compliqués mais la situation s’est très vite améliorée.

« Au début, comme tout le monde, j’ai galéré. Surtout au niveau du vocabulaire. Mais les clients m’ont beaucoup aidé, ils étaient patients et si je ne comprenais vraiment pas, je souriais et ça passait. Après quelques semaines, mon manager m’a fait passer en 38h parce que je faisais de bonne vente, malgré mon niveau d’anglais. Ça m’a fait hyper plaisir ! Sauf que 38h, c’est hard. Du coup je suis descendu à 32. À Londres, même si tu n’as pas d’expérience dans le domaine, tu as la possibilité d’évoluer du moment que tu en as l’envie et la motivation. »

Qu’est-ce qui te plaît à Londres ?

« Les gens sont plus sociables et très ouverts. Il y a moins de jugement ici. Par exemple, j’ai vu beaucoup de vendeuses voilées, ce que l’on verra peu en France. C’est très cosmopolite aussi. On croise du monde de partout et c’est génial. Tu fais aussi des rencontres inattendues. Un jour j’étais à une exposition, je regardais les œuvres d’un artiste que j’aimais bien. Et il s’est trouvé qu’il était juste à côté de moi. J’ai terminé chez lui avec des amis, entouré d’autres artistes, c’était dingue. Moi qui adore l’art, c’était juste incroyable. »

Quand il ne travaille pas, notre Rouennais aime donc faire des expositions, notamment celles de la Saatchi Gallery ou de Newport Street, et aller aux différents marchés londoniens, comme Camden dont il ne se lasse pas.

Pour toi, quels sont les mauvais côtés ?

« Bon le prix évidemment, ce n’est pas nouveau je pense. Les chambres et le transport, c’est affolant. Les conducteurs aussi, ils sont dangereux sur la route, il faut faire attention quand on arrive parce qu’on en a pas autant l’habitude en France. Et puis le métro bondé… Quand tu es encastré comme une statue égyptienne pendant vingt minutes dans une rame, il faut pouvoir rester patient ! Mais tout ça on s’y fait. Il faut simplement s’accrocher un peu, parce que c’est une bonne expérience. »

Qu’est-ce que ça t’a apporté ces quelques mois à ici ?

« De la maturité. Ce n’est pas quand j’ai eu mes 18 ans que je me suis senti adulte, parce qu’il y avait toujours mes parents pas loin. Ici tu fais vraiment tout par toi-même. Tu apprends à être indépendant, tu signes tes premiers contrats sans cautions de papa-maman, ça fait bizarre ! Quand tu as un problème, tu le gères seul, tu n’as pas d’autres choix. Et puis je sais maintenant quoi faire en rentrant. Cette année de coupure m’a fait du bien, je suis motivé pour reprendre mes études, ce qu’il me manquait avant de partir. »

Pour la suite, Joachim envisage de rentrer fin mai, se trouver un autre job et économiser pour la rentrée prochaine.

« Je postule pour plusieurs Master à Paris. Et même si après Londres, Paris va me paraître plus abordable, ça reste une ville chère. Mais travailler ici ne me permet pas d’économiser suffisamment du coup je rentre pour l’été. Et puis après, pourquoi pas revenir ici ? Ou tenter autre part, après Londres, je sais que je pourrais me débrouiller partout facilement. »

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