TransferWise-French-Britian--Static-Banners-728x90
Par anais | 2016-07-12 14:30:37 | 2085 vues | 0 Commentaire

Après deux ans passés au Canada, Franck ne souhaitait qu’une chose : repartir à l’étranger. Cinq ans et un CDI plus tard, il pose un congé sabbatique et s’envole direction Londres. Rencontre.

franck.jpg

Franck a 30 ans et nous vient de Strasbourg. Fin Mars, il quittait enfin la France pour emménager dans la capitale anglaise. Un départ qu’il attendait depuis un petit moment et qu’il a pris le temps de préparer.

« Je suis parti deux ans au Canada pour mes études en télécommunication. Quand je suis rentré en France, j’avais déjà l’envie de repartir directement. Finalement j’ai trouvé un CDI chez Orange et j’y suis resté cinq ans ! Mais au bout de deux ou trois ans, l’envie de partir se faisait vraiment sentir. J’ai d’abord cherché à bouger en France car je n’avais pas envie de démissionner. J’ai essayé de voir avec ma boîte s’il y avait moyen de me muter quelque part mais il n’y avait rien d’intéressant. Et puis un ami m’a parlé du congé sabbatique et c’était une bonne solution. J’ai commencé à chercher un travail depuis la France car je ne voulais pas arriver et être en galère, ne pas pouvoir payer mes loyers etc. »

C’est pourquoi il enchaine les allers-retours le week-end pour passer des entretiens.

« Je bosse en réseau informatique et ici, il y a pleins de postes dans ce secteur. J’ai dû postuler dans une cinquantaine d’entreprises. Bon, comme partout, elles ne m’ont pas toutes répondu mais après plusieurs entretiens, j’étais quasi assuré d’avoir un travail quand j’arriverai. »

Pourquoi avoir choisi Londres ?

« Tout d’abord parce que c’est un pays anglophone et proche. En cas de souci, c’est simple de rentrer. Et puis j’y connaissais déjà du monde, j’ai pu me mettre en coloc avec une amie. J’ai déjà donné dans la colocation avec des inconnus mais après des années dans ton propre appartement, je ne me sentais pas prêt à recommencer ! Et puis, il y a aussi le fait que j’ai eu trente ans et que je me suis dit : c’est le moment de partir. J’avais peur d’attendre encore et de ne finalement jamais partir. »

Qu’est-ce qui te plaît ici ?

« La multiculturalité. Je bosse avec pleins de nationalités différentes, ce que je ne retrouve pas en France, du moins pas à ce point-là. Au niveau du travail justement, ça n’a rien à voir. À Londres, quand tu bosses, on te le rend bien. Pour moi c’est aller très vite, en quelques mois j’ai eu plus de responsabilité que j’ai pu en avoir en France après plusieurs années. C’est l’avantage des petites entreprises qui sont partout ici, c’est que quand tu as une idée, on l’a prend en compte. Avant même de partir, lorsque je faisais mes entretiens, je sentais déjà que j’allais avoir une super expérience que je n’aurais pas eu chez nous. Et aujourd’hui, je peux affirmer que je n’aurais pas pu trouver mieux. C’est aussi une ville très animée, tu as toujours quelque chose à faire, à voir, à découvrir, tu ne peux pas t’ennuyer. Mais c’est aussi fatiguant. »

Justement, l’envers du décor à Londres, comment c’est ?

« Le gros point noir c’est évidemment l’immobilier. Si tu calcules en 10 ans ce que tu as mis dans ton loyer ici, tu aurais de quoi t’acheter une maison de vacances. Mais il vaut mieux ne pas y penser ! Ensuite c’est les transports en commun. Quand tu as minimum 45 minutes de métro tous les jours alors que tu étais habitué à 15 minutes de vélo en France, c’est fatiguant, vraiment. La nourriture anglaise aussi est un mauvais point pour moi ! Mais l’avantage, c’est qu’avec toutes les nationalités qui se côtoient, tu trouves des restaurants fabuleux partout. Il y a le fait aussi que les gros évènements soient payants, c’est dommage. Ça c’est plutôt une comparaison avec le Canada, où j’ai pu voir Stevie Wonder et Pharrell Williams gratuitement par exemple. »

Pendant son temps libre, Franck aime faire du sport, de l’escalade à The Castle au Wakeboard en passant par de la course à pied, et faire quelques balades pour découvrir les petits coins de la capitale. Ses endroits favoris : Stoke Newington, Newington Green et Columbia Road.

« C’est surtout dans l’est et nord, car je reconnais que je n’ai pas beaucoup visité depuis que je suis là. Londres c’est très grand et quand tu y travailles, c’est assez fatiguant. Le fait de parler anglais toute la journée, de devoir parfois switcher avec le français en un clin d’œil, les premier temps c’est usant. Du coup le week-end, je n’ai pas la même motivation pour sortir. Autant les soirs de semaine il n’y a pas de problème mais le week-end, je fais un peu le flemmard… »

Qu’est-ce que ça t’apporte d’être venu vivre ici ?

« Une grande remise en question. Avant de partir j’avais un plan de carrière de tracé mais quand je suis arrivé, j’ai tout recommencé à zéro. Pour le moment, je vis plutôt au jour le jour. Partir à l’étranger c’est aussi apprendre à s’adapter à une autre culture, découvrir une nouvelle façon de vivre et ça te force aussi à te bouger. Je suis quelqu’un de plutôt timide mais vivre à Londres m’a poussé à sortir, à parler. J’avais ma petite routine à Strasbourg, j’allais aux mêmes endroits que je connaissais par cœur. Ici non, tu as trop de choses à voir. Ça t’apprend aussi à être plus tolérant. Par exemple certains quartiers font vraiment peur à voir et pourtant ça reste « safe ». C’est un côté que j’adore ici : la ville est immense et très étendue mais avec tous ces quartiers différents, tu as l’impression d’être dans des petites villes collées ensemble. Ça me rappelle Montréal mais en dix fois plus grand. »

Un mot sur le Brexit ?

« C’est pour moi l’un des plus gros échec politique d’un pays. Mais ce qui me fait rire, c’est ceux qui se barrent alors qu’ils ont gagné parce qu’ils ne savent pas quoi faire. Maintenant on ne peut qu’attendre de voir la suite. Je m’inquiète plus pour ceux qui vivent ici depuis longtemps car leur avenir est incertain. En ce qui me concerne, si jamais on doit vraiment rentrer chez nous, et bien j’irais ailleurs, tout simplement. »

Pour le moment, Franck compte rester une année encore ici avant de partir de nouveau à l’étranger. 

« Je pense tenter la loterie pour le PVT au Canada et partir sur Vancouver. Sinon, j’ai vu que ma boîte avait une branche en Nouvelle-Zélande, ça pourrait être sympa. Pour l’instant je me laisse encore un an pour réfléchir à tout ça. J’aime beaucoup Londres, c’est une ville vraiment cool mais c’est fatiguant. Je m’y sens bien mais pas pour plus de 5 ans. Malgré tout, c’est une vraie rampe de lancement, aussi bien pour le travail, que pour voyager. »

A lire dans la même catégorie: Portraits

A lire les dernières publications


Ajouter un commentaire :

Title:
Nom / Prénom / Pseudo:
Email: Votre adresse email ne sera pas affichée
Commentaire: