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Par nadege | 2014-12-08 19:04:09 | 1768 vues | 0 Commentaire

Sortie sur les écrans britanniques du succès du cinéma français de 2014, Les garçons, Guillaume, à table ! On a rencontré Guillaume Gallienne pour un entretien, à l’institut français de Londres, pour présenter ce film très personnel qui a fait 3 millions d’entrées en France.

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Sorti l’an dernier en France, Les garçons, Guillaume, à table ! a remporté un succès populaire et critique faisant de Guillaume Gallienne, une personnalité incontournable du cinéma français.

Sociétaire de la comédie française, Guillaume Gallienne est un homme de théâtre mais aussi de radio, sur France Inter et un acteur de cinéma aux milles facettes. Il joue actuellement le rôle de Pierre Bergé dans le biopic sur le couturier, Yves St Laurent de Jalil Lespert et prête sa voix à l’ours Paddington.

Dans Les garçons, Guillaume, à table ! qu’il a écrit, réalisé et dans lequel il joue son rôle et celui de sa mère, Gallienne se confie et raconte la naissance d’un acteur. Elevé dans une famille de la grande bourgeoisie parisienne, ses airs efféminés et la passion qu’il voue à sa mère, personnage hors norme, l’obligent à se fondre dans le personnage décidé malgré lui par son entourage, celui de l’homosexuel de la famille.

Mais tout n’est pas noir ou blanc. Et c’est cette nuance de gris que Gallienne décrit dans ce film, qui avant d’être porté sur les écrans, a été un one man show.

« Moi, je voulais en faire un film depuis le début mais seulement à l’époque j’étais connu seulement chez moi à l’heure des repas, donc je savais que je ne pouvais pas réunir le budget nécessaire pour ce film qui est aussi sur la grande bourgeoisie et qui nécessitait pas mal de moyens. »

explique l’acteur, tout juste débarqué de l’Eurostar. C’est Olivier Meyer offre alors une carte blanche à Gallienne pour jouer dans son théâtre, le théâtre de l’Ouest Parisien à Boulogne.

« J’ai invité Olivier chez moi et je lui ai raconté cette histoire. Voilà, Guillaume Gallienne, c’est ça ! Il m’a regardé avec de grands yeux et il m’a dit : « je vous donne 10 dates », j’ai dit : non 12. Et cela m’a donné l’audace de l’écrire et de le faire, avec une grande liberté. Sauf que cette carte blanche et ces 12 dates ont crée un énorme buzz d’entrée et au même moment Canal m’a appelé pour me demander de faire les bonus. Et du coup, tous les soirs j’avais un producteur de cinéma venu voir la pièce de donnant sa carte. C’est comme cela que j’ai pu faire le film. »

Avec presque 3 millions d’entrées au Box office français, le film a aussi remporté 5 récompenses à la dernière cérémonie des Césars. On a demandé à Guillaume, comment il a réagi au succès du film ?

« Et bien j’ai réagi professionnellement, c'est-à-dire que j’ai l’impression que cela fait 18 mois que je suis en promo…je n’ai pas eu vraiment le temps de réaliser car il y a eu St Laurent qui est sorti très peu de temps après…Je suis touché, je reçois des témoignages extrêmement touchant de gens qui me félicitent pour mon courage. Il se trouve juste que moi je trouvais que c’était juste une jolie histoire sur la différence, il se trouve juste que c’est la mienne. »

Mais cette histoire raconte aussi la naissance d’une passion pour le théâtre et pour le jeu d’acteur. Gallienne se joue des clichés dans le film, que ce soit les clichés sur les genres mais aussi ceux qui portent sur cette haute bourgeoisie dans laquelle il a grandi.

« Ce qui m’amusait c’était de faire un film sur les clichés. Sur ceux des autres et sur les miens aussi. Quand je suis arrivé en Espagne-dans la ville la plus laide d’Espagne-pour apprendre l’espagnol, je me suis dit tiens, je suis dans un film d’Almodovar ! C’est pas si mal. Pareil, quand je suis arrivé en pension en Angleterre, en plein milieu de la 4 eme, je me suis dit c’est comme dans un film de James Ivory, la lumière est hyper belle. Cela m’a empêché de déprimer…Je me faisais un trip cinématographique pour m’échapper d’une réalité que je trouvais un peu parfois un peu trop brusque. »

Sur les questions de genres, justement, Gallienne se confie facilement et avoue n’être ni homo ni hétéro. Il est marié à une femme et est papa d’un petit garçon mais les choses auraient pu être différentes. Il a écrit ce film pour ceux, qui ont comme lui, vécu une enfance avec une étiquette difficile à faire oublier.

« J’ai beaucoup souffert de l’homophobie quand j’avais 10, 12 ans… cela a duré un temps d’ailleurs. Quand j’ai écrit le film, j’ai plus pensé à des gens qui étaient dans le même cas que moi, souvent de la même génération d’ailleurs, nés peut de temps après 68, où finalement les tabous sont tombés… où il devenait presque chic d’ailleurs, enfin pas partout, en tous cas dans certains milieux urbains de pouvoir dire « enfin, lui, il va être pédé. » C’était le gage d’une certaine ouverture d’esprit. » 

Explique Guillaume Gallienne, tout en ajoutant:

« Et souvent cet étiquetage…cette manière de nommer la sexualité d’un enfant, avant même que celui-ci n’ai eu le temps de la découvrir, se faisait parce que l’enfant était trop passif, parce que le petit garçon avait envie de jouer avec les poupées de sa cousine, au lieu de jouer avec des camions…Je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup d’hommes et de femmes, qui parce qu’ils ne répondaient pas aux critères de genres étaient étiquetés, alors j’ai plus pensé à eux qu’à la communauté homosexuelle, si ce n’est que je m’amuse de jouer des clichés dans tous les sens. »

A l’écran, Gallienne joue deux rôles, le sien et celui de sa mère. On lui a demandé s’il était plus facile ou difficile, de jouer sa mère ou Pierre Bergé (qu’il incarne dans Yves St Laurent). 

« Jouer ma mère c’est très facile, car j’ai répété le rôle depuis longtemps, c’est le premier rôle que j’ai interprété d’ailleurs. Très facile car le petit garçon que j’étais, était en admiration totale devant cette femme et du coup le film raconte aussi la naissance d’un acteur mais avec tout ce qu’il peut y avoir de dangers frôlés, c’est une raison pour laquelle, je trouvais capital de l’incarner au cinéma car je savais que le personnage allait être plus fort que le travestissement et je savais du coup, que le public allait oublier très vite que c’est moi. Je voulais aussi qu’il se rende compte à quel point moi-même j’avais pu m’oublier… j’ai failli me perdre dans ce qui aurait pu être une schizophrénie latente. Je pense que l’acteur parfois peut frôler cela. »

Infos : Les garçons, Guillaume à table ! de Guillaume Gallienne est projeté au Ciné Lumières de l’institut français de Londres, du 4 au 18 décembre 2014. 

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