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Par anais | 2016-04-26 17:14:31 | 4404 vues | 0 Commentaire

Ouvertes en 2014, les deux boutiques londoniennes de pâtisseries françaises ont définitivement fermé fin mars, à la grande surprise de tous. Un coup dur pour la marque mais surtout pour les salariés qui attendent encore un dénouement heureux de cet évènement inattendu.

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Crédit photo : Bealondoner

Connue pour ses pâtisseries traditionnelles revisitées par le grand chef Philippe Conticini, la Pâtisserie des rêves s’installait dans la capitale anglaise en janvier 2014. Et c’est dans les beaux quartiers de Marylebone et South Kensington que les jolies boutiques aux devantures roses sont apparues. Un début prometteur qui n’a pas pourtant pas su trouver public, ou du moins, pas suffisamment pour rentabiliser les deux magasins.

D’après le siège social, les boutiques londoniennes étaient en déficit très peu de temps après leur ouverture. Une aventure qui aura tenu deux ans et demi avant de s’effondrer du jour au lendemain, quelques jours seulement avant Pâques. En effet, le mercredi 23 mars au matin, les 22 salariés de Londres sont prévenus par leur manager que les boutiques fermeront d’ici la fin de la semaine. Une décision inattendue et difficilement compréhensible pour les employés. Le siège s’explique dans un communiqué.

« La société française ayant décidé de se placer en redressement judiciaire depuis le 29 février 2016 dans l’espoir d’un retour à la rentabilité, il lui a été interdit de continuer à transférer de l’argent vers la filiale déficitaire de Londres. Cette dernière a donc dû déposer le bilan, entraînant instantanément le gel des comptes bancaires. Dans ce contexte, les boutiques ont été sommées de fermer sous 6 jours et les salaires n’ont pas pu être versés. Ils seront alors réglés au terme de la procédure légale. »

Depuis maintenant un mois, la situation n’a pas évolué. Alexandre, ancien manager à la boutique de Marylebone, nous explique que les employés attendent toujours la nomination d’un administrateur pour que la situation se débloque. Une procédure qui prendrait entre six à huit semaines au Royaume-Uni, la filière londonienne répondant du droit anglais bien qu’appartenant à une société française.

« Tout s’est passé extrêmement vite. Nous avons reçu un mail de notre manager le jeudi matin pour nous prévenir de la fermeture à venir. Le soir nous fermions boutique sans vraiment savoir si c’était définitif. Le lendemain le Directeur International demandait la restitution des clefs et le samedi après-midi les locaux de Marylebone étaient vidés. C’est à ce moment-là que l’on a compris que c’était fini. C’est seulement le samedi soir que l’on on a reçu un mail du PDG nous annonçant la fermeture officielle. Mais depuis, rien n’a bougé.»

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Sur les réseaux sociaux la Pâtisseries des Rêves n’annonçait qu’une fermeture temporaire jusqu’à la fin du week-end. Le samedi, les employés sont allés déposer des banderoles sur les boutiques afin de prévenir les clients de la situation et l’ont relayé sur Internet. Un élan de solidarité s’est créé, mais qui s’est vite essoufflé.

« L’info s’est beaucoup répandue sur les réseaux sociaux et ça a bien pris au début puisque Paris m’a appelé directement pour en savoir un peu plus. Mais le mouvement s’est essoufflé. La priorité pour les gens était de retrouver un travail, ce que l’on ne peut absolument pas blâmer. S’il y avait eu une meilleure mobilisation, peut-être que les choses auraient bougé plus vite. »

nous raconte Alexandre. Sur les 22 employés, la plus part ont pu retrouver rapidement un travail en restauration grâce aux nombreuses offres que proposent Londres mais d’autre ont dû rentrer en France. Si le siège social est clair quant à la situation de l’entreprise, l’évolution de la procédure et le versement final des salaires restent encore flous.

« Le problème c’est qu’on ne peut pas faire grand-chose. On a tenté une action en justice avec des avocats mais pour ça il faut voir les fonds et les dirigeants étant à Paris c’est encore plus compliqué. Tout ce que l’on a à faire, c’est attendre que la liquidation se fasse, en espérant un dénouement heureux à tout ça. Pour l’immédiat on n’a pas trop d’espoir, peut-être dans six mois ça aura bougé. Ce qui m’attriste le plus, c’est le mauvais message que ça véhicule. La plupart des salariés étaient des jeunes, souvent leur une première expérience, à l’étranger et voilà à quoi ils sont confrontés. »

L’enseigne la Pâtisserie des rêves disparaît donc définitivement des rues londoniennes. Une fermeture quelque peu cauchemardesque pour ses salariés, qui attendent encore que la situation se débloque pour pouvoir passer à autre chose pour de bon.

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