The Play That Goes Wrong at the Duchess Theatre
Par nadege | 2014-06-23 15:58:31 | 2113 vues | 0 Commentaire

Vendredi 20 juin et le Barbican s’engouffre dans l’univers mystérieux et sombre de David Lynch avec In Dreams : David Lynch Revisited. Un concert sublime sur l’univers musical du maitre de l’étrange sanctionné par une standing ovation du public.

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Credit Photo: Sara Amroussi-Gilissen. 

Le fantôme de Laura Palmer rôdait entre les sièges du Barbican ce soir-là. Une bûche posée sur la scène et des musiciens masqués de blanc. Twin Peaks comme si on y était : le souffle de Dale Cooper dans le cou, le bruit du vent dans les pins.

C’était la première mondiale d’In Dreams : David Lynch Revisited, un spectacle musical consacré à la musique des films de David Lynch. Réalisateur, musicien, plasticien, Lynch est un touche à tout de génie avec un univers particulier, à la fois magique, suffocant, glauque, onirique.

De son premier film, Eraserhead qui fit sensation dès sa sortie en 1977, en passant par Elephant Man, Sailor&Lula (palme d’or à Cannes en 1990), Lost Highway et plus récemment Inland Empire, le cinéma de Lynch est toujours accompagné d’une bande son originale et singulière.

Son comparse depuis Blue Velvet, le compositeur Angelo Baldametti y est pour quelque chose. Le thème de Laura Palmer reste une mélodie lancinante et hyper lynchéenne composée par l’italien.

La gageure d’In Dreams : David Lynch Revisited, comment réinterpréter des chansons et morceaux à la charge cinématographique si forte, si intense, sans les dénaturer et rester fidèle aux codes du Lynchland?

Aux côtés de David Coulter, membre des Pogues et chef d’orchestre du show, Stuart Staples des Tindersticks, Jehnny Beth (Savages), Conor O’Brien (Villagers), Mick Harvey, Cibo Matto, Sophia Brous, Stealing Sheep.

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Credit Photo: Bealondoner.

Les premières notes du concert : David Coulter scie la bûche, référence directe à Twin Peaks et c’est parti pour un set de 26 morceaux, tour à tour interprétés par les artistes invités.

Du thème instrumental d’Eléphant Man, on passe à Conor O’Brien dont la voix colle parfaitement à Mysteries of Love (Blue Velvet) et Blue Velvet. Seul à la guitare, O’Brien nous ferait presque oublier la version originale de Mysteries of Love chantée par Julee Cruise.

Vêtue de noir et d’un chapeau à la Philipp Tracy, Sophia Brous éblouit le public en chantant a capella LLORANDO (Mulholland Drive). On serait presque ému jusqu’aux larmes, comme si on se retrouvait au Silencio devant Rebekah Del Rio.

S’ensuit un solo à la harpe de Pauline Haas sur le thème de Laura Palmer qui donne des frissons à tout le public, transporté dans le monde onirique du Lynchland.

C’est au tour de Stuart Staples de donner sa version d’In Dreams et I’m Deranged, où des images de Bob sont flashées, comme un rappel à l’ordre démoniaque de la Loge Noire.  

Mais c’est surtout Jehnny Beth, créatrice de Pop Noire et chanteuse du groupe post-punk Savages, qui marque les esprits. Une présence brechtienne, le visage fardé et l’habit noir, elle donne à Up in Flames et Into the Night, un côté jazzy, noir, suffocant. 

La palme de l’Avant-garde revient tout de même aux filles de Cibo Matto et Stealing Sheep. Elles ont choisi de complètement transformer les hymnes lynchéens que sont The World Spins, This Magic Moment, A Real Indication en morceaux punk/électro. Un coup de fouet qui tranche avec l’univers lancinant du show. 

Pour finir, le dernier morceau rassemble tous les musiciens et chanteurs du show pour entamer Wicked Games de Chris Isaak (Sailor&Lula), avec Sophia Brous et Mick Harvey en duo de tête. Un final qui laisse la salle du Barbican sous le charme vénéneux de l’univers de David Lynch. 

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